Les enjeux économiques des espaces vierges européens

Un rapport intitulé « Les enjeux économiques des espaces vierges » (The Economics of Wilderness) publié par la Fondation PAN Parks vient d’être traduit en Français par Synergiz. Ce rapport expose les principales dimensions économiques, défis et opportunités des zones de nature vierge en Europe. Il a été présenté le 31 janvier 2012, à Bruxelles, lors de la table ronde du Parlement européen sur la protection de la nature vierge.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?
Les rapports du TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity) ont réussi à diffuser plusieurs concepts à un très large public, dont la valeur économique de la nature et la nécessité de généraliser les paiements pour services écologiques afin de soutenir la gestion soutenable des espaces. Toutefois, cela n’a pas encore été mis en pratique dans la gestion des aires protégées. C’est pourquoi la fondation PAN Parks a estimé qu’il fallait mettre en évidence pourquoi et comment ces concepts pourraient être utilisés dans le contexte des zones de nature vierge en Europe.

En outre, le rapport expose les opportunités de diversification des ressources pour la protection et l’expansion des espaces vierges et souligne les possibles étapes à suivre pour sécuriser la viabilité écologique et financières des espaces vierges Européens sur le long terme.

Ainsi, ce rapport met en exergue plusieurs points clés :

  • Les parties prenantes des espaces vierges peuvent en retirer plusieurs services écologiques, notamment les services culturels. Cependant, les espaces vierges protégés peuvent également générer des coûts, appelés coûts d’opportunité, pour certaines parties prenantes. Plaider pour une protection et une gestion efficaces des espaces vierges implique de dialoguer avec les parties prenantes à toutes les échelles pertinentes, en reconnaissant à la fois leurs avantages et coûts. Or, il existe un manque général de connaissance des coûts et bénéfices, réels et potentiels, associés aux modes de gestion et règles spécifiques des espaces vierges protégés.
  • L’évaluation économique des services écologiques pourrait jouer un rôle très utile pour répondre à ce défi. Une évaluation complète et comparative des bénéfices et des coûts d’usages et de non-usage des services écologiques des espaces vierges et d’autres types d’aires protégées en Europe est clairement justifiée. Cela serait nécessaire au développement de politiques et mécanismes efficaces pour le partage équitable des coûts et des bénéfices découlant de leur création et de leur expansion ; c’est-à-dire de favoriser l’émergence de modèles « gagnant-gagnant » qui permettent de surmonter les coûts d’opportunité.
  • En raison des limites méthodologiques et des principes sous-jacents de l’évaluation économique de la biodiversité et des services écologiques (approche coûts-bénéfices), les gestionnaires et promoteurs d’espaces vierges protégés devraient mettre un accent supplémentaire sur la comptabilisation des coûts de l’inaction. C’est-à-dire le coût de ne pas protéger les attributs écologiques sous-entendant les valeurs des espaces vierges (approche coût-efficacité). En effet, il est souvent plus utile ou pratique de prendre des décisions en se basant sur le classement des bénéfices attendus de différents investissements écologiques : des indicateurs non-monétaires peuvent être utilisés efficacement pour établir les priorités en déterminant le meilleur panachage de bénéfices par euro dépensé.
  • Les considérations récentes de coupes budgétaires dans plusieurs pays européens vont exercer une pression forte sur les efforts visant à assurer la viabilité écologique et financière des espaces vierges. Outre les actions de lobbying pour des subventions publiques durables, les promoteurs d’espaces vierges devraient chercher de nouvelles sources de financement pour leurs projets de conservation, de restauration ou d’expansion des espaces vierges. Le rapport conclut ainsi sur diverses opportunités pour sécuriser à la fois la viabilité écologique et financière des espaces vierges européens. L’émergence des paiements pour services écologiques (PSE) semble très attrayante de ce point de vue. Combiner des stratégies pour atténuer l’érosion de la biodiversité (de la disponibilité des services écologiques) et rémunérer les actions de restauration de la biodiversité (et de la disponibilité des services écologiques) ouvre la porte à de nouvelles formes d’arbitrage en matière d’aménagement des territoires. Toutefois, il s’agira de surmonter de nombreux défis pour la conception et mise en œuvre de mécanismes efficaces de PES, surtout si l’on envisage le cumul de ces paiements dans l’espace et le temps.

Téléchargez le rapport en Français.
Téléchargez le rapport en Anglais.

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